Adoption : l’arrivée à la maison

Vous avez longuement réfléchi et vous vous êtes décidé à adopter un loulou dans un refuge.
Maintenant il s’agit de l’installer dans son nouveau foyer. Ce qu’il faut faire et les erreurs à éviter.

Tout d’abord, sachez que vous êtes encore des étrangers pour le chien, il ne vous connaît pas, il ne peut pas savoir que vous lui voulez du bien, il ne comprend pas votre langage, ni son nouvel environnement. Mettez-vous à sa place et imaginez que des extra-terrestres (bienveillants) viennent vous chercher et vous emmènent sur une autre planète, vous seriez sans doute quelque peu stressés vous aussi…

Avant son arrivée

Vous aurez installé ses affaires : son panier, ses gamelles et ses jouets.

Son panier

Il est installé dans un endroit calme, pas dans un lieu de passage, ni dans un endroit le chien pourra contrôler du regard ce qui se passe dans la maison.
Souvenez-vous et dites-le surtout aux enfants, le panier est pour le chien son endroit pour dormir et aussi un moyen pour s’isoler, se « réfugier » quand il en a besoin.
Sous aucun prétexte on ne dérange ou ne caresse un chien qui est dans son panier, faire attention à ce que les enfants n’aillent pas dans le panier avec le chien, il y a un réel risque de se faire pincer, ou pire…

Ses gamelles

Elles sont installées de préférence en hauteur, ce qui évite au chien d’avaler de l’air en mangeant. (Dangereux pour les gros chiens, risque de torsion d’estomac).
Quand vous donnerez à manger, tant que la gamelle est dans votre main : elle est à vous, dès qu’elle est posée : elle est à lui.
La nourriture est la première ressource du chien, on ne touche jamais la gamelle quand le chien mange, et surtout se sortir de la tête cette idée ridicule qu’il faut apprendre au chien qu’un enfant puisse mettre la main dans sa gamelle quand il mange.
En réalité, il faut apprendre à l’enfant à ne pas embêter le chien pendant son repas.
Que feriez-vous si quelqu’un venait farfouiller dans votre assiette pendant le déjeuner ?

Ses jouets

II en existe tout un tas de modèles, à choisir suivant la taille du chien.
Pour les plus grands, privilégier les types « kong », balles, les jeux d’occupations…
A éviter les jouets en corde qu’ils peuvent détricoter et manger en risquant une occlusion intestinale.

Les premiers moments à la maison

Mise en confiance

Même si la vie au refuge n’était pas une finalité, pour lui, en fonction de son vécu et du temps qu’il y a passé, ça a fini par être chez lui. Il risque d’être perturbé à son arrivée.
Votre loulou ne sait pas encore que c’est son nouveau foyer, il n’a aucuns repères visuels et olfactifs. Il faut donc le laisser découvrir son nouvel environnement. On le laisse explorer les différentes pièces auxquelles il aura accès (fermer les portes des autres, les chambres notamment).
S’il préfère rester dans son coin, laissez-le tranquille, le temps qu’il se rassure, ne le sollicitez pas, attendez qu’il vienne vers vous. Décodez son attitude, afin d’adapter la vôtre. (Lire « les signaux d’apaisement du chien »)
Si vous avez un terrain, laissez-le l’explorer et faire ses besoins (le trajet en voiture a pu le stresser), uniquement si vous êtes bien clôturé.
En aucun cas ne le laisser seul les premières fois dehors, tant qu’il n’aura pas assimilé que c’est son nouveau lieu de vie (avant il risque de vouloir s’échapper).
Si votre clôture n’est pas  au top, faites-lui le tour du propriétaire en laisse.
Pour un chien craintif, si vous le lâchez, laisser la laisse : il sera plus facile à attraper pour le rentrer.

1ère balade

En fonction de son adaptation, vous allez pouvoir faire une première balade (attendez le lendemain de l’arrivée, sauf si vous êtes en appartement bien sûr).
La balade est importante, elle tisse des liens entre le chien et l’humain, elle est source d’apprentissage et surtout de découverte pour le chien.
Tous les chiens ont besoin de sortir de chez eux, un jardin aussi grand soit-il, ne pourra jamais répondre à ses besoins de découverte et d’exploration.
C’est aussi un moment de socialisation avec les autres chiens et les humains rencontrés, de découverte de milieu différents, ville, plage, forêt…
En aucun vous ne lâcherez votre chien tant que le rappel ne sera pas maîtrisé, car un autre chien, un vélo, un jogger sera toujours plus intéressant à aller rencontrer ou à poursuivre que de revenir vers son humain…
Privilégiez les harnais (type Animalin) qui ont une boucle d’attache au poitrail (le chien tire moins). Éviter les colliers (ils exercent une pression sur le larynx, et jamais de collier étrangleur !
Un chien qui tire se rééduque en douceur, il faut juste du temps et la bonne méthode.

La propreté

Suivant son vécu et la perturbation liée à l’arrivée chez vous, il peut y avoir des accidents les premiers temps, ou il peut être aussi nécessaire de réapprendre la propreté.
Certains chiens demandent à sortir pour se soulager, ils pleurent à la porte, d’autres non.
Comme pour un chiot, il faudra le sortir après le repas, au réveil ou à la fin d’une partie de jeu.
Dans le cas d’un animal qui ne maîtrise pas la propreté, on nettoie en l’absence du chien (le mettre dans une autre pièce) et surtout on le félicite quand il fait à l’extérieur.
Surtout ne pas gronder le chien qui s’est oublié à l’intérieur, car il ne comprendra pas pourquoi.
Souvenez-vous : dans tous les domaines, on ignore les mauvais comportements, on récompense les bons !

Rester seul

Il est indispensable quand vous adoptez un nouveau compagnon d’avoir quelques jours de libre à passer avec lui avant de le laisser seul pour aller au travail par exemple.
Si dès le lendemain de son arrivée, vous le laisser seul pendant des heures dans son nouvel environnement, il va paniquer et risque de causer des dégâts ou des nuisances au voisinage. Enfermé à la maison ou dehors dans le jardin, le résultat sera le même.
Au bout de quelques jours de présence avec lui, il a commencé à s’attacher à vous et donc vous allez pouvoir lui apprendre à rester seul. Il doit comprendre que lorsque vous partez, vous allez revenir, donc il vous attendra en principe sans souci.
Une méthode simple et efficace :
Tout d’abord, pas d’effusions au moment du départ, juste un « salut le chien » suffit, autrement vous allez l’inquiéter. Au retour, idem, s’il fait le fou pour vous accueillir, ignorez-le et lorsqu’il est calmé, vous le rappelez et là vous lui témoignez votre affection.

Au départ, vous vous absentez 5 minutes, et vous revenez, répétez l’opération plusieurs fois (ne vous cachez pas derrière la porte, il va vous sentir)
Faites l’exercice sur plusieurs jours, en allongeant les durées progressivement. Allez faire vos courses. Demandez aux voisins si votre chien a aboyé…
Laissez-lui des jouets à mâcher, c’est déstressant pour les chiens de mâchouiller, et des jeux d’occupation.
En fin d’exercice, si vous avez un terrain clos, laissez- le dehors, répéter des absences à durée progressive (il lui faut de l’eau fraîche, un abri pour se mettre à l’ombre et se protéger de la pluie, un panier et des jouets).

Lorsqu’il saura qu’à chaque fois que vous partez, vous allez revenir, vos absences ne devraient pas poser de souci.
8 h est la durée maximale pour laisser un chien adulte seul, 2 heures pour un chiot de mois de 6 mois et 4 à 6 heures pour un jeune entre 6 et 18 mois)

Vous rentrez et il a fait une bêtise : sachez tout de suite que la notion de bêtise est une notion humaine et un chien ne possède pas de sens moral, il n’a pas de conscience du bien ou du mal.
Le gronder ne servira à rien, il ne comprendra pas pourquoi, et pire, il risque d’associer votre retour au fait de se faire disputer. Cela le poussera à angoisser votre retour, donc à se rassurer pendant que vous n’êtes pas là, et à mâchouiller tout ce qu’il pourra trouver pour s’apaiser.
S’il y a des choses à ramasser, comme pour le pipi et le caca, ne le faites pas devant lui.

L’alimentation

Le système digestif du toutou est fragile, si vous optez pour des croquettes, il faut faire une transition pour éviter les problèmes intestinaux..

Pour en savoir plus sur le choix des croquettes

Vivre ensemble

Comme l’homme, le chien est un mammifère social. Il ressent des émotions : peur, joie, colère, surprise, irritation, stress, frustration, attachement…
Il ne peut pas éprouver de sentiments : amour, jalousie, fierté, honte… et il ne possède pas la notion de bien ou de mal et de culpabilité.

Votre loulou est amené à vivre dans ce qui est pour lui une meute, ce sont les humains et les autres animaux de son  nouveau foyer. Pour son bonheur et son épanouissement, il doit avoir sa place dans la meute. Sa place hiérarchique est derrière les humains. Cela ne veut pas dire qu’il ne doit pas être respecté pour autant.
Ce sont les humains qui décident, il faut de la cohérence. Ce qui est interdit un jour, ne doit pas être autorisé le lendemain…
C’est pour cela que certaines pièces ou certaines choses doivent être réservées aux humains et pas accessibles aux chiens.

Un chien n’est donc pas un humain, le considérer comme tel « c’est mon bébé », « il dort dans notre lit » « il mange la même chose que nous en même temps », c’est finalement en faire un malheureux qui n’a pas sa place de chien et parfois pour ceux au caractère fort, vous en faites malheureusement des chefs de meutes qui risquent de prendre le contrôle.  « il se couche dans le lit et grogne, il ne veut plus me laisser y aller et je dors sur le canapé (vécu par une adoptante !!).

Conclusion

En adoptant vous avez fait le bon choix, le chemin peut être semée d’embûches au départ, il faut parfois du temps à un loulou pour se remettre des traumatismes qu’il a pu avoir dans sa vie précédente, mais au final vous aurez un merveilleux compagnon.
Si vous avez des difficultés, contactez les agents animaliers du refuge où vous l’avez adopté et ils sauront vous aider. Vous pouvez également consulter un éducateur canin qui travaille en méthode positive uniquement.
Bonne route avec votre le nouveau membre de votre famille !

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